Le Projet

L’Origine, un grand fleuve fragile !

Le Saint-Laurent est un cours d’eau riche et majestueux, dont le système hydrographique compte parmi les plus importants du monde. Ses eaux, partant des Grands Lacs jusqu’à l’océan Atlantique, traversent les régions les plus peuplées du Québec, touchant plus de 15 millions de Canadiens et 30 millions d’États-Uniens. Depuis des temps immémoriaux, bien avant l’arrivée des Européens, ce fleuve occupe une place déterminante dans la vie des êtres vivants de son bassin versant. Il draine le quart des réserves mondiales d’eau douce de la planète et influence les processus environnementaux de tout le continent nord-américain. Aujourd’hui encore, il joue un rôle majeur dans l’économie, le transport, le tourisme, la culture et les loisirs des riverains et habitants des régions l’entourant.

Malgré son importance, le fleuve Saint-Laurent subit depuis longtemps les effets de l’industrialisation et de la mondialisation. En effet, l’agriculture, le rejet des eaux usées et l’occupation du territoire, entre autres, menacent sa biodiversité et la qualité de son eau. Récemment, le Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM) a qualifié la situation de la population de béluga du fleuve comme étant alarmante. Les zones tampons naturelles disparaissent peu à peu, une zone anoxique de plusieurs kilomètres de longs s’étend jour après jour dans les profondeurs de l’estuaire, etc., la liste est longue et les problèmes s’empilent. Qu’en est-il de l’avenir du fleuve, de sa biodiversité ? Pourrons-nous profiter de sa générosité et de sa richesse encore longtemps ? N’est-il pas temps de réagir et de nous réapproprier ses eaux ?

C’est dans cette idée que nous avons décidé de parcourir ce fleuve cet été 2014 afin de l’explorer et de le découvrir de façon intime. Cette expédition en kayak de mer sera l’occasion d’en apprendre plus sur la richesse du fleuve, sur les problèmes auxquels il fait face mais aussi de mettre en avant les initiatives locales qui luttent pour la conservation de ce patrimoine naturel.

Le parcours

Le départ de l’expédition se fera à Kingston, une petite ville à l’est du lac Ontario d’où les eaux le quittent pour commencer leur long parcours vers l’océan Atlantique. Ces eaux serpentent tout d’abord à travers la région des Milles Iles. On compte à peu près 2000 îles servant de filtre géant capturant une partie des substances toxiques transportées par les eaux. Ce magnifique archipel héberge un grand nombre d’espèces d’oiseaux et fait le bonheur des amateurs de voile et de canoë.

carte projet

Un peu plus en aval, nous devrons passer l’immense barrage de Cornwall afin de continuer notre course vers l’Ile de Montréal où nous prendrons la voie du Nord, la Rivière-des-milles-îles. Magnifique passage permettant d’éviter la voie maritime des gros paquebots parsemée d’écluses. L’étape suivante sera de rejoindre le Lac-St-Pierre, un autre tampon naturel qui, malheureusement, subit une forte pression : par le  drainage des fertilisants chimiques et pesticides des cultures aux alentours d’une part, et,  par  le réchauffement de sa température et le développement d’espèces invasives au détriment des espèces indigènes d’autre part.

À la sortie du Lac-St-Pierre, nous entrerons dans l’estuaire dit « fluvial » et les marées entreront en ligne de compte dans l’organisation des journées, surtout vers Québec où le débit peut être très puissant en marée descendante. À partir de Québec l’estuaire ne cesse de s’élargir et les conditions seront de plus en plus semblables à celles retrouvées sur la côte Atlantique. Nous suivrons la direction du parc marin du Saguenay-St-Laurent où les rencontres avec les bélugas et autres baleines venues se nourrir dans l’estuaire seront fréquentes. La traversée du fleuve s’effectuera à hauteur de Tadoussac-les Escoumins en fonction des conditions.

Arrivés sur la rive-sud du St-Laurent, il nous faudra suivre les côtes en passant par le magnifique parc du Bic, Rimouski, Matane. L’étape finale sera de contourner les falaises du Parc Forillon, respirer l’air du Golfe à la Pointe de Gaspé pour ensuite terminer dans la ville de Gaspé où il y aura de nombreuses histoires à raconter autour d’une bonne bière bien méritée.

Le moyen de locomotion

Le kayak de mer est sans nul doute l’activité par excellence lorsqu’il s’agit de s’imprégner de la beauté de la nature. Avec son faible tirant d’eau, son déplacement rapide et silencieux, il nous permet de nous fondre dans l’environnement, favorisant les observations exceptionnelles de la faune et de la flore. Sa capacité de chargement nous offre une autonomie suffisante pour parcourir de vastes étendues et nous permettant d’accéder aux îles.